A PROPOS D'ISRAHN

Je suis vocaliste, compositrice et improvisatrice. Née à Alger dans une famille d’artistes peintres et musiciens, nous avons fui la montée de l'Islamisme dans le milieu des années 80. Nous nous sommes établis en Normandie. J'ai étudié les arts appliqués à Rouen, et le bac en poche, je me suis installée à Paris afin d'y suivre des études d'arts plastiques à l'université.

Dans cette période, j'ai commencé à chanter dans la rue, le métro et à me produire dans des bars, restaurants, petites salles de concerts. Entre les arts plastiques et le chant, j'ai choisi ma route, quand j'ai découvert que c’est face à un public que j'étais vraiment heureuse et épanouie.

En explorant le jazz, amoureuse des grandes voix Ella Fitzgerald, Billie Holyday, Mahalia Jackson, je suis revenue vers une diva fascinante de mon enfance :

Ma mère m'a parlé d'Yma Sumac depuis toute petite. Aussi incroyable que cela puisse paraître, je n’ai entendu sa voix pour la première fois qu’à l’âge de 24 ans. J’ai fantasmé son chant, essayant de reproduire son « style » en me basant sur une description de sa musique. Et c'est quand je l'ai entendue pour la première fois, que je me suis rendu compte que je pouvais interpréter ses chants, dans leurs notes les plus graves et les plus aiguës comme si j’avais travaillé ma voix ainsi pendant des années. Le pouvoir de l’imagination… Alors quand j’ai rencontré Carlos Celada, musicien percussionniste, nous avons commencé à expérimenter une musique pour voix et percussions en reprenant Yma Sumac et en enregistrant des improvisations. Nous avons essayé de créer des musiques qui soient le moins sophistiquées possible, en puisant dans nos origines, en s’embarrassant le moins possible  de la notion d’harmonie. Je voulais revenir à un chant instinctif.

J'ai enregistré en tant que choriste, j'ai prêté ma voix pour des jingles, j'ai chanté pour des productions de styles musicaux très différents. J'ai ainsi appris ce qu'est l'enregistrement en studio. C'est une part importante du métier de chanteuse(eur). C'est principalement pour mes qualités d'improvisatrice que j'ai été choisie pour chanter sur différents supports.

J'ai découvert tard, ma vraie voix . Je me suis sentie prête et en adéquation avec ce que je chante aujourd'hui, que le jour où j'ai compris que c'est en étant totalement moi-même, sans concession que j’allais pouvoir m'exprimer vraiment.

J'ai envie d'emmener les gens avec moi et le véhicule, c’est le son.

Quand je chante, je m’extrais du corps. C’est comme si j’essayais de faire porter l’âme par le son. Voila pourquoi chaque concert a capella est une expérience en intimité avec le public au cours de laquelle je ne chante que rarement des mots.

Je visualise des parcours dans l'espace, que je ressens d’abord dans mon corps puis ce sont des émotions qui s’expriment dans des sonorités. Chaque vibrato, chaque soupir, chaque note exprime une sensation.

Je n’aime chanter les mots que quand je peux les faire sonner à ma manière alors j’invente des mots inspirés de l’arabe, du berbère, de dialectes africains. Ces sonorités fonctionnent avec mes vocalises de manière plus naturelle.

Je n'excelle pas dans la poésie et dans l'écriture, alors je compense en étant précise dans mes arabesques, dans les notes que je fais vibrer, que je fais tenir longtemps dans un souffle et que j’essaie de rendre infini.

Dans un murmure ou à pleine puissance, je module l’intensité du son. Je n'ai pas pudeur quand je chante et c'est  dans la confiance avec  l’auditoire que je me révèle. Je libère mes émotions et invite à m’accompagner dans ces voyages sonores.

Au cours des ans, j’ai légitimé ma démarche créative comme une fuite du réel vers un bien-être où mon art me permet d’être enfin moi-même.

Je ressens des moments d'extases pendant lesquels j'ai le sentiment d’entrer en lévitation. A cet instant, mon déracinement prend tout son sens, il n'est pas subi, je n'en suis pas victime, je ne prend pas racine, jamais.

L'expérience se transforme dès lors en méditation, en vacuité en tableau vide, avec une perte de notion même d'existence, C'est grisant.

 

Je me laisse porter par le chemin musical qui s’ouvre devant mes notes. Je pratique un chant instinctif.

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